mardi 17 février 2009
L'échec de la raison sécularisée
La raison séculière, cette folle solitude qui, pour se convaincre de sa plaine pertinence, se revendique hors de l'hypothèse Dieu, d'un Dieu créateur et fin d'une humanité, est en crise. La raison économique notamment, à travers ses espérances socialistes, ses expériences communistes, les échecs de l'Etat providence ou de son credo libéral, n'a pas su fournir ce bonheur que l'abondance laissait entrevoir. Et la raison politique a mis en place des régimes politiques totalitaires. A cette raison, il faut donc substituer la raison médiévale où foi et raison ne s'opposent pas mais se conjuguent de telle sorte que la foi reçue, donnée, révélée soit un ferment de maturation pour une pensée qui, de toute façon, est participation au dessein de Dieu. Le haut Moyen Âge, loin d'opposer foi et raison, s'appuie sur une certitude: celle que l'homme installé dans sa participation à l'Être divin jouit d'une capacité intellectuelle douée d'une raison, image de la pensée de dieu. La théologie doit abandonner son « pathos de fausse humilité » et renverser les rôles. Sans ostentation mais de façon décisive, elle ne doit plus se laisser dicter sa fonction, assigner sa place par les sciences sociales ou humaines mais au contraire revendiquer une place centrale ou en tout cas s'assumer comme telle. La théologie ne doit plus se laisser instrumentaliser par les sciences humaines mais envahir leurs domaines, juger leurs modes de connaissance et féconder leurs rationalités.
Jean-Pierre Rive
Pasteur de l'ERF
Secrétaire général de la Mission populaire
Président de la commission Eglise et société de la FPF
mercredi 11 février 2009
LA LAÏCITÉ EN FRANCE EN 2009
En 2009, nous sommes en régime de laïcité : point final, pas de fioriture, pas de nostalgie donc.
Mais d’autre part, un principe génère une politique concrète dont on peut suivre au fil des ans les tours et les détours. Ainsi, l’Histoire des rapports du religieux et du politique, en France, aux XIXème et XXème siècles nous autorise, sans offusquer, je pense, personne, à caractériser avec ou sans adjectif, le climat de laïcité de telle ou telle période.
Il serait difficile de nier que les débuts de la troisième République furent des années de mise en place d’un pouvoir politique hostile à l’emprise sociale du catholicisme, en partie restaurée depuis 1815. C’est un fait. La Loi de 1901 fut dirigée contre les congrégations « enseignantes, prédicantes et … commerçantes ». Par exemple, les Chartreux du vénérable Saint Bruno furent accusés d’être des « agents d’alcoolisme, d’oppression et de démoralisation ». Cinq mille soldats furent mobilisés pour les chasser de leur monastère en 1903 ! Les deux France se font face, avec une hostilité, difficile à imaginer de nos jours.
La loi de 1905, avec, grâce à Aristide Briand, la séparation de l’Église et de l’État instaure une politique d’apaisement, dans un climat qui reste néanmoins très tendu. Peu à peu, pour diverses raisons, une laïcité d’accommodement, via la négociation avec le Saint- Siège, se met en place. Elle aboutira, en 1924, à la création des « associations diocésaines » qui satisfont toujours aujourd’hui et le pape et les évêques de France.
Autre exemple, il y eut (difficilement) des arrangements à propos de l’École, comme en 1959 la loi Debré. Quelque jugement que l’on porte sur celle-ci, elle permit de participer à une restructuration des rapports du religieux et du politique. Il se créait un enseignement public dans un établissement privé, sans fusion ni confusion.« Son préambule est un morceau d’anthologie qui marque une étape essentielle dans l’histoire intellectuelle et institutionnelle de la laïcité…Cette loi était un pari qui n’était pas gagné d’avance, ni d’un côté ni de l’autre. Du même coup, elle a brisé un fétichisme de la laïcité en lui découvrant des ressources insoupçonnées » (« La solution laïque » p. 219, Émile Poulat ). Politique de compromis, pour certains inacceptable, réactionnaire, mais que beaucoup de français jugent positive, allant dans le bon sens.
À un niveau plus fondamental, la laïcité telle que je la souhaite, pour ma part, progresse, si j’en crois une très bonne nouvelle (pas seulement pour les catholiques !) : le Collège de France (fondé, au 16ème siècle par François 1er ) vient de créer une chaire intitulée « Milieux bibliques ». Elle est confiée à un chercheur allemand, Thomas Römer, bien apprécié aussi des biblistes catholiques français. Je livre à notre blog, le début d’un article que lui consacre le 5 février 2009, le journal « La Croix », car il éclaire notre propos présent :
« Un chercheur ne se refait pas : pour préparer sa conférence, le professeur de l’université de Lausanne s’est livré à quelques recherches sur la place de la Bible au sein du Collège de France, cette vénérable institution vouée au partage du savoir. « C’est la première fois que le mot Bible apparaît dans un intitulé de chaire», avance Thomas Römer, intrigué par cette découverte. La Bible n’a certes pas été absente du champ d’étude des enseignants, « mais le mot n’apparaissait pas, comme s’il faisait peur », avance l’exégète. Il n’a donc pas de mal à comprendre l’honneur qui lui est fait aujourd’hui. « En créant cette chaire, on manifeste clairement que la connaissance du texte biblique n’est pas réservée aux Églises et aux synagogues et que la Bible fait partie du patrimoine culturel commun, se réjouit-il. Cela reste malheureusement encore peu évident en France, il faut lutter contre l’analphabétisme biblique. » C’est à cet Allemand qui enseigne en Suisse que le Collège de France a fait appel pour remplir cette délicate mission. Une manière d’aller puiser chez nos voisins une connaissance de la Bible que l’université française encourage encore peu. »
A suivre… Suzanne Le Borgne
lundi 9 février 2009
Ajuster la laïcité à l'âge ultra-moderne et à un cadre européen
Ajuster la laïcité à l'âge ultramoderne et à un cadre européen
Sans revenir sur la discussion, je voudrais simplement préciser que, dans mon livre, je ne plaide pas pour une quelconque religion civile mais que j'abordes ces phénomènes comme des faits qui s'offrent à la description et à l'analyse du sociologue. Jean Baubérot, lui, se place d'un autre point de vue en disant que la laïcité ne doit pas être une religion civile. Considérant que l'analyse sociologique doit clairement être distinguée des perspectives militantes, je préfère me limiter à expliquer ce que la laïcité est devenue dans les pratiques des relations Eglises-Etat dans les sociétés européeennes du xx1° siècle. Les quleques points sur lesquels je critique mon ami Jean Baubérot ne peuvent être isolés d'une analyse dont voici les dix thèses essentielles:
1°- La distance entre le moment 1905 de la séparation des Eglises et de l'Etat et la configuration des rapports Eglises-Etat-société est considérable. La société française est beaucoup plus sécuralisée et pluraliste. L'Eglise catholique, tout en restant le groupe religieux de loin le plus important est affaiblie socialement et culturellement. Qui plus est, ses responsables et ses fidèles acceptent, comme les responsables et les fidèles des autres religions, d'exercer leur mission dans le cadre de la laïcité.
2°- Ce que j'appelle l'ultra-modernité, loin d'être la fin de la sécularisation, est au contraire sa radicalisation. Ce n'est plus le changement porté par les croyances modernistes au progrès, c'est le changement envahi par les incertitudes ultramodernes. A l'âge ultramoderne de la modernité, les desanchanteurs sont eux-mêmes désanchantés et les magistères séculiers (en particulier celui des politiques et des professeurs) sont tout aussi ébranlés que les magistères religieux. L'école est non seulement laïcisée, elle est aussi sécularisée à travers la relativisation des savoirs scolaires et de l'autorité des enseignants. Ce n'est plus la concurrence entre le prêtre et l'instituteur mais les défis de l'éducation et de la transmission eux-mêmes.
3°- L'ultramodernité rompt la connivence culturelle, éthique et anthropologique que la société moderne sécularisée avait, au-delà des conflits, avec le christianisme. Toute sécularisée qu'elle fut, la famille traditionnelle de la société bourgeoise industrielle était une version séculière d'une anthropologie chrétienne. Les recompositions familiales contemporaines, l'évolution des moeurs comme les défis bio-éthiques, mettent plus en tension la culture dominante et les traditions religieuses. On le voit aussi avec la question du dimanche. On sort d'une société qui, sous forme sécularisée, était en consonance avec la culture chrétienne.
4°- Dans cette nouvelle configuration, il est légitime, comme le soutient le philosophe Jürgen Habermas, de pleinement intégrer dans le débat public la voix des religions. La gouverne politique se fragiliserait elle-même en se privant des apports civiques, éthiques, éducatifs, culturels et militants des religions. D'autant plus qu'aujourd'hui, le consensus sur la « bonne et antique morale que nous avons reçue de nos pères », comme disait Jules Ferry, a éclaté.
5°- Ces relations entre pouvoirs politiques et représentants des religions peuvent aboutir à des ententes comme à des tensions et des conflits qui sont normaux en démocratie. C'est leur absence qui serait anormale. La présence des religions dans la sphère publique n'est donc pas forcément attestataire, elle est aussi protestataire par rapport à certaines évolutions.
6°- Au plan individuel, les religions se reconfigurent comme des cultures minoritaires constituant, pour les personnes qui s'y reconnaissent, des ressources identitaires et éthiques leur permettant de se situer dans des sociétés sécularisées et pluralistes marquées par la désinstitutionnalisation du sens (l'Etat n'a plus le magistère philosophique de la République conquérante; il n'est plus une sorte d'Eglise séculière qui surplombe la société civile).
7°- Dans las différents pays d'Europe, comme dans les institutions européennes, se développe une laïcité de reconnaissance et de dialogue avec les religions qui, tout en respectant pleinement l'autorité du religieux et du politique, intègre les représentants religieux comme des interlocuteurs et des contributeurs valables. C'est en particulier l'expérience que j'ai vécue au Conseil de l'Europe dans le cadre de l'élaboration du Livre blanc sur le dialogue interculturel à laquelle les représentants des religions ont été associés.
8°- On ne voit pas pourquoi la France ne pratiquerait pas en interne cette laïcité de reconnaissance et de dialogue qu'elle pratique en externe avec les autres pays d'Europe. Tant à l'échelle nationale qu'à l'échelle locale, elle le fait d'ailleurs en pratique. La difficulté dans ce domaine comme dans d'autres, est d'avoir un discours à la hauteur de cette pratique et une politique osant publiquement prendre en charge ce qui se fait dans la réalité.
9°- C'est justement parce que la séparation des Eglises et de l'Etat est assurée juridiquement et théologiquement revendiquée par les principales religions que les relations de dialogue et, dans certains cas, de coopération peuvent se développer. Il ne s'agit pas d'un retour du cléricanisme.
10°- Même si l'on a toujours tendance à interpréter des situations nouvelles avec des catégories anciennes, l'ampleur des défis et la profondeur des reconfigurations contemporaines implique d'ajuster la laïcité à l'âge ultramoderne de la modernité et dans un cadre plus européen qu'hexagonal.
Journal Réforme n°3299 – 11 décembre 2008
Cet article fait suite à la publication du livre de Jean-Paul Willaime:
« Le retour du religieux dans la sphère publique
Vers une laïcité de reconnaissance et de dialogue »
Editions Olivétan, 2008
lundi 26 janvier 2009
ACHEVER CLAUSEWITZ
Clausewitz pensé aux extrêmes
ACHEVER CLAUSEWITZ de René Girard, entretiens avec Benoît Chantre Éd. Carnets Nord, 2007
René Girard, s'appuyant sur « la rivalité mimétique », relie le stratège prussien aux violences irrationnelles d'aujourd'hui.
Tous ceux qui pensaient que René Girard s'était assagi depuis son élection à l'Académie française en seront pour leurs frais. Il se montre dans ce livre plus abrupt que jamais : « Le monde est pris dans une montée aux extrêmes dont on ne voit pas qu'elle puisse aujourd'hui être interrompue. » Diantre ! Le point d'appui essentiel de sa démonstration : une relecture du livre de Carl von Clausewitz (1780-1831), De la guerre. L'interprétation classique de l'ouvrage inachevé du célèbre stratège prussien est amplement revue et corrigée. L'objet du litige se situe d'abord avec Raymond Aron. Le sociologue, en raison de sa foi rationaliste et humaniste, aurait totalement neutralisé l'interprétation de Clausewitz. Il n'aurait pas vu que ce dernier était dans une rivalité mimétique avec Napoléon, grand inspirateur de ses théories à la fois adulé et haï. Adulé, parce que stratège hors pair, malgré souvent son infériorité en moyens militaires. Haï, puisque Clausewitz le considérait comme responsable de son propre exil, loin du pouvoir auquel il aspirait.
Jusqu'à ce stade, on en serait resté à un débat d'experts. Mais René Girard va évidemment plus loin. « La montée aux extrêmes » de Clausewitz m'a tout de suite rappelé « le conflit mimétique », glisse-t-il à Benoît Chantre, qui a remarquablement mis en forme ces entretiens. On le sait, pour Clausewitz, la guerre est un acte de violence qui se manifeste sans limite. D'où cette fameuse « montée aux extrêmes ». Néanmoins, Girard n'en reste pas à cette nouvelle interprétation de la théorie des conflits. Pour lui, la politique désormais court derrière la guerre. Dépouillée de son sens profond, elle la réitère de plus en plus. Les passions se déchaînent et les revendications se crispent. Il est donc erroné de concevoir la politique comme la « poursuite de la guerre par d'autres moyens », comme on l'a fait dire à Clausewitz. Celle-ci est parfois différée par une temporisation qui l'accélère en réalité. Le philosophe analyse ici le cas de la défaite de 1940. Alors que la France et l'Allemagne étaient structurées par une rivalité mimétique nationale, idéologique, religieuse, on a cru qu'en faisant des concessions, on éviterait le pire. Résultat : à trop vouloir ne pas réitérer la boucherie de Verdun, on l'a reproduite au centuple !
Avec ce livre, la boucle est ainsi bouclée pour Girard. En effet, son premier travail à l'université d'Indiana, en 1950, avait été consacré à l'opinion américaine sur « l'étrange défaite » de la France. Du coup, l'académicien étend sa théorie. Selon lui, ce sont bien toutes les guerres qui sont structurées par le principe du duel mimétique. Avec une constance inébranlable, Girard reprend donc ses explications du terrorisme. Elles avaient suscité la polémique après les attentats du 11 septembre. Ben Laden n'aurait fait que « répondre » à l'agressivité des États-Unis. Les guerres modernes sont violentes parce qu'elles sont réciproques. La lutte à mort pour la reconnaissance, c'est donc toujours celle entre deux « jumeaux » antagonistes : hier, le fascisme et le communisme. Aujourd'hui, les Orientaux islamistes et les Occidentaux. Demain, Américains et Chinois ?
René Girard annonce que Bush va perdre la guerre en Irak parce qu'il ne pourra pas appeler le peuple en renfort des soldats. Un peu comme dans la philosophie de Hans Jonas, il faut toujours craindre le pire. Les guerres réelles d'aujourd'hui masquent une guerre absolue vers laquelle elles tendent sans le savoir. Les partisans de la pax romana, sovietica, americana se seraient ainsi tous trompés. Girard n'en démord pas : « Cela ne marche pas. » C'est un « mensonge absolu ». Le philosophe passe donc à la proposition, avec une pointe de regret : « Mes lecteurs, même bienveillants, continuent de ne pas me suivre dans ma conviction que le judéo-christianisme et la tradition prophétique peuvent seuls rendre compte du monde dans lequel nous sommes entrés. » Œuvrer pour une réconciliation lui apparaît ainsi comme une urgence absolue.
C'est là, diront les détracteurs de Girard, que l'analyste se transforme en apologiste. Le Christ aurait révélé la vérité, ce que les prophètes annonçaient, à savoir la réalité de la fondation violente de toutes les cultures. Ce refus d'entendre une vérité essentielle nous expose au retour de l'archaïque des sociétés. Il faut regarder la vérité en face : seul le Christ peut nous sortir de cette violence. Bush n'aurait réussi qu'une chose : rompre la coexistence entre frères ennemis, chiites et sunnites, au moment même où la raison grecque est en train de disparaître. Cette disparition laisse la place à un irrationnel déchaîné. Seul le recours à une « raison théologique élargie » peut démystifier les ruses d'un rationalisme impuissant et d'un fondamentalisme belliqueux. Voilà du pur Girard, sans concession. Et si, en définitive, il avait raison ?
Jean-François PETIT
Texte proposé par Suzanne Le Borgne
Né le 25 décembre 1923, René Girard est diplômé de l'École des chartes. Enseignant dans diverses universités américaines, il organise un symposium à l’université Hopkins, en 1966, sur « Langage critique et sciences humaines ». La Violence et le sacré, en 1972, le fait connaître du grand public.
De 1974 à 1993, il est professeur de littérature à Irvine et à Stanford en Californie. Élu en 2005 à l’Académie française, il est reçu par Michel Serres qui le qualifie de « nouveau Darwin » de la culture, inventeur de « l’hypothèse la plus féconde du siècle »
« Je ne suis pas un révolutionnaire, mais un révélationnaire »
jeudi 15 janvier 2009
Livre blanc sur le dialogue interculturel
Lors de leur 118e Session ministérielle (Strasbourg, 6 et 7 mai 2008) les Ministres des Affaires étrangères des 47 États membres du Conseil de l’Europe ont lancé le « Livre blanc sur le dialogue interculturel", approuvé par leurs Délégués.
Le Livre blanc prévoit diverses orientations pour la promotion du dialogue interculturel, du respect et de la compréhension mutuels, basées sur les valeurs fondamentales de l’Organisation. Les Ministres le saluent en tant que « contribution significative paneuropéenne à un débat international qui ne cesse de s’intensifier » ainsi qu’à l’Année européenne du dialogue interculturel. Les Ministres ont souligné l’importance d’assurer la visibilité appropriée du Livre Blanc, et appellent le Conseil de l’Europe et ses États membres, ainsi que les autres parties prenantes concernées, à apporter un suivi adéquat aux recommandations du Livre Blanc.
samedi 10 janvier 2009
RELIURES
Relier, aller aux frontières pour créer des liens, mettre ensemble, non dans une belle unanimité ou un faux œcuménisme, mais communiquer pour débattre, confronter et construire ensemble un avenir qui nous soit commun. Dialogue lent, difficile, mais déterminant.
Relier des agnostiques, des athées et des croyants de tous horizons, parce que nul ne possède l’homme et la clef de son avenir. Et qu’il y a péril si, au-delà du monde des marchands et de la finance, des nationalismes et intégrismes renaissants, il n’existe pas de lieux de débats démocratiques sur le processus démocratique lui-même, la citoyenneté, l’éthique..., s’il n’y a pas de place donnée à l’autre.Aller aux frontières pour relier des hommes et des femmes appartenant à des traditions et des institutions philosophiques, spirituelles et religieuses différentes. Chacun avec sa spécificité, ses richesses, ses visions complémentaires ou contradictoires, convergentes et divergentes. Et pour cela, apprendre à découvrir l’autre et s’ouvrir à lui, approfondir sa propre identité sans crispation, entrer en dialogue, en débat et entamer des actions autour de valeurs communes.
La liberté de pensée et la démocratie ne sont jamais acquises, elles sont une lutte quotidienne contre l’obscurantisme, le dogmatisme, le sectarisme, la démission, l’ignorance, la peur. Le spectre du conflit intolérant et dogmatique n’est pas écarté. Il y a péril. Quelle société voulons-nous ?
De nombreuses questions se posent en deçà des différences idéologiques. Et d’abord : comment allons-nous vivre comme citoyens, demain ? Pour y répondre, des convergences qui traversent des obédiences diverses peuvent être trouvées.