Réforme n°3307 – 12 février 2009
L'échec de la raison sécularisée
La raison séculière, cette folle solitude qui, pour se convaincre de sa plaine pertinence, se revendique hors de l'hypothèse Dieu, d'un Dieu créateur et fin d'une humanité, est en crise. La raison économique notamment, à travers ses espérances socialistes, ses expériences communistes, les échecs de l'Etat providence ou de son credo libéral, n'a pas su fournir ce bonheur que l'abondance laissait entrevoir. Et la raison politique a mis en place des régimes politiques totalitaires. A cette raison, il faut donc substituer la raison médiévale où foi et raison ne s'opposent pas mais se conjuguent de telle sorte que la foi reçue, donnée, révélée soit un ferment de maturation pour une pensée qui, de toute façon, est participation au dessein de Dieu. Le haut Moyen Âge, loin d'opposer foi et raison, s'appuie sur une certitude: celle que l'homme installé dans sa participation à l'Être divin jouit d'une capacité intellectuelle douée d'une raison, image de la pensée de dieu. La théologie doit abandonner son « pathos de fausse humilité » et renverser les rôles. Sans ostentation mais de façon décisive, elle ne doit plus se laisser dicter sa fonction, assigner sa place par les sciences sociales ou humaines mais au contraire revendiquer une place centrale ou en tout cas s'assumer comme telle. La théologie ne doit plus se laisser instrumentaliser par les sciences humaines mais envahir leurs domaines, juger leurs modes de connaissance et féconder leurs rationalités.
Jean-Pierre Rive
Pasteur de l'ERF
Secrétaire général de la Mission populaire
Président de la commission Eglise et société de la FPF
mardi 17 février 2009
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Revenir au moyen age ... j'en attends mieux de notre ami Jean Pierre . Oui le XXème siècle a su nous produire quelques horreurs. Mais elles n'étaient pas toutes le fait des "sans dieu". Le Gott mit uns des nazis fait le pendant des staliniens. L'homme doit pouvoir s'organiser pour vivre ici bas (ou peut être ici haut s'il devait exister un enfer ou bien s'il n'existe rien et que nous retournions simplement à la terre). Cette organisation a-t-elle besoin de dieu(x), je ne le pense pas. Par contre, je suis bien persuadé que l'individu, dans sa grande diversité, a besoin d'épanouir sa dimension spirituelle. Mais pour cela... à chacun sa solution .
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